La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

 

 

France Bleu Maine

24/12/2013 Les experts : l'addiction aux écrans.

29/11/2013 Les experts : la précocité intellectuelle. Réécouter ici

Sébastien VAUMORON

Thérapies enfant, adolescent, adulte.

Bilans neuropsychologiques : WPPSI 4, WISC 5, WAIS 4, NEPSY 2, ADOS 2

Prise de rdv enfant adolescent au Mans et à Angers

Prise de rdv adulte au Mans et à Angers

MEDICAMENTS,  COMPLEMENTS ALIMENTAIRES,  NUTRITION

 

Aucun médicament ne guérit le TDA/H. Les psychostimulants (Ritaline, Concerta, Quasym, Medikinet) augmentent la concentration de la dopamine et de la noradrénaline déjà présentes dans le cerveau, ce qui favorise une meilleure neurotransmission, et a pour effet de réduire les symptômes d’inattention et d'apaiser généralement l’instabilité motrice. Ce traitement n'est donc pas contre l'hyperactivité, mais contre le déficit d'attention, et il a pour effet secondaire de généralement baisser l'hyperactivité motrice (pas cognitive), mais parfois d'augmenter les états déprimés, et le trouble d'opposition et de provocation (TOP). L'effet positif sur l'attention ne dure que quelques heures, le temps de la journée de classe, et il y a souvent un effet rebond le soir. A côté des médicaments psychostimulants, il existe les non stimulants comme le Strattera (atomoxétine) mais interdit en France (enfin très difficile à obtenir), qui est indiqué à l'étranger dans le traitement du TDA/H. Son temps d'action est nettement plus long que celui des psychostimulants, mais il demande 3-4 semaines de traitement avant d'avoir des effets positifs. Il serait conseillé en cas de prédisposition au TICs (syndrome Gilles de la Tourette) que les psychostimulants pourrait aggraver. Mais avant de prescrire un psychostimulant agissant sur la dopamine, il conviendrait de faire une analyse biologique (Catécholamines, HVA, VMA, 5HIAA) pour obtenir un dosage des neurotransmetteurs (dopamine, noradrénaline, sérotonine...) afin de savoir s'il y a un déficit, ou pas, car comment booster la dopamine si est elle avec des taux trop bas... Un laboratoire fait cela à Metz, et pas besoin de se déplacer, il s'agit d'une analyse d'urine, et pas besoin d'une ordonnance, sauf si on souhaite un remboursement d'environ 85%. Et si le taux des neurotransmetteurs est bas, il est alors possible de prendre des compléments alimentaires pour aider l'organisme à fabriquer davantage de dopamine. A noter qu'il peut y avoir un TDA/H sans déficit de dopamine, mais avec un dysfonctionnement de celle-ci. L’analyse d'urines ne peut donc pas faire de diagnostic, mais elle apporte des éléments complémentaires au diagnostic qui se fait par les bilans neuropsychologiques (test de QI et bilan attentionnel), plus la consultation médicale spécialisée.

 

 

En France, la question de la prescription du méthylphénidate (Ritaline, Concerta, Quasym, Medikinet), est très controversée, mais pas dans le reste de l'Europe. Lire ici le rapport du 11 mai 2017 de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et le dossier d'information.

Ceux qui s’opposent au traitement mettent principalement en avant le risque de conduites addictives à l’âge adulte, le fait de "droguer" les enfants, et le risque de dérive de l’usage. Ce sont parfois ceux-là qui s’opposent aussi au diagnostic de TDA/H, et abordent la question à partir de théories psychanalytiques ou autres, et qui prescrivent parfois des anxiolytiques, antidépresseurs, ou antipsychotiques aux mêmes enfants, mais pas de méthylphénidate. De l'autre côté, les études indiquent que la prise de psychostimulant réduit le risque de consommation de toxiques à l'adolescence et après. Il semble que la question purement médicale soit dépassées par des enjeux idéologiques. Et c'est parfois les praticiens les plus radicalement contre le traitement et/ou le diagnostic de TDA/H, qui sont aussi les moins formés sur ce qu'est, et ce que n'est pas le TDA/H...

Ceux qui préconisent cette prescription mettent en avant les bénéfices sur les symptômes qui s’apaisent très rapidement quand le dosage est bien adapté (et que le patient réagi bien à ce traitement), la possibilité pour l’enfant de suivre enfin normalement sa scolarité, sans être « handicapé » par le TDA/H. Mais aucun médicament seul ne résout tous les problèmes liés au TDA/H, et penser que tout ira mieux en prenant de la Ritaline, Concerta, Quasym, Medikinet est une erreur. Il faut aussi de la guidance parentale, une thérapie du patient plutôt basée sur l'analyse des comportements et l'identification des émotions, mais il faut souvent aussi des adaptations scolaires, et bien sûr de la remédiation cognitive (cogmed ou autre) pour développer de façon durable ces fonctions déficitaires, et pas seulement booster la dopamine pendant 7-8 heures.

Selon de récentes données, la France comptait entre 500 et 700 enfants sous méthylphénidate en 1995, et environ 9.000 en 2008. En mars 2008, il y a eu 183.700 boites de méthylphénidate vendues en France contre 476.900 en mars 2013, soit une augmentation de presque 160% en 5 ans. Sur cette même période, le nombre de personnes prenant du méthylphénidate aurait augmenté de 83%, et avec une augmentation de 114% chez les moins de 20 ans. Cette impressionnante augmentation est à mettre en perspective avec la prescription faite dans les autres pays européens, et aussi avec les autres psychotropes prescrits en France et en Europe. Ainsi, notre pays ne prescrirait que pour 0,6% des enfants contre 0,8% à 2% dans les autres pays européens, ceci étant bien loin derrière les USA. Nous sommes donc les moins prescripteurs en Europe et face aux USA. Mais à côté de cela, la France prescrit des psychotropes en grande quantité, sans que cela mène à des controverses, et la prescription de psychotropes pour les enfants est au même niveau que chez nos voisins européens. Alors pourquoi tant de réactions contre le méthylphénidate et pas contre les autres médicaments ?

Pourtant, la prescription française de méthylphénidate n’est pas systématique : elle vient seulement si les symptômes sont insupportables, si cela nuit à la scolarité de l’enfant, et théoriquement en cas d’échec d’une prise en charge non médicamenteuse, donc de type guidance parentale ou thérapie (comportementale, analytique, familiale etc.). La prise du médicament est alors uniquement faite les jours d’école, pas le week-end ni durant les vacances scolaires.

En France, cette prescription a pour but partiel de lutter contre les inégalités scolaires induites par le TDA/H, lequel perturbe les apprentissages des enfants, ceci allant parfois jusqu’à la déscolarisation, ou des orientations scolaires inadaptées ou largement en dessous des capacités cognitives des enfants.

Les études indiquent qu’il peut y avoir une très faible dépendance aux psychostimulants mais sans syndrome de sevrage. Elles indiquent aussi que les adolescents traités par méthylphénidate sont moins attirés par les drogues (alcool, cannabis etc.) que les autres qui peuvent chercher dans ces toxiques un apaisement des symptômes. Il peut y avoir un retard de croissance allant de 0,5 cm à 2 cm selon certaines études, mais une fois le traitement interrompu, la croissance se compenserait. A noter qu'il existe plus de 200 études médicales sur la prise de ce médicament, ce qui est nettement plus important que le nombre d'études pour n’importe quel antibiotique prescrit aux enfants et que l'on administre sans se poser beaucoup de questions...

Une très récente étude canadienne indique qu’une formation ciblée des parents sur l’accompagnement des enfants (psychoéducation) permettrait d’obtenir d’aussi bons résultats que la prescription médicamenteuse car, en abordant les symptômes d’une façon spécifique dès la petite enfance, on peut aider l'enfant à être davantage attentif et réduire les situations difficiles (opposition, motivation etc.).

L'aspect nutritionnel semble également important. Le Professeur Olivier Coudron (pharmacologie/nutrition) présente ces aspects dans plusieurs textes dont deux que vous pouvez lire ici (Texte 1, Texte 2). Ces recherches invitent à repenser l'alimentation en réduisant certains déficits (magnésium, fer, zinc, oméga 3), et à privilégier une alimentation riche en Tyrosine qui est précurseur de la dopamine et noradrénaline (les oeufs, les fruits de mer, le lait, le fromage, le riz complet, les légumineuses : pois, lentilles, haricots secs, fèves etc.), ainsi qu'en Tryptophane précurseur de la sérotonine (les oeufs, la dinde, les lentilles, les produits laitiers, les féculents, l'avocat, la banane, les noix ou huile, les poissons gras : maquereau, sardine, saumon).

Selon les résultats du dosage de la dopamine par l'analyse d'urine, on peut prendre des compléments alimentaires de L-Tyrosine (précurseur de la dopamine : Dynaxo, Dynatone) et des cofacteurs nécessaires, et du L-Tryptophane (précurseur de la sérotonine) qui apportent une aide parfois suffisante. Il existe également le "Equazen eye Q" québécois pour lequel 26 études études médicales en double aveugle avec placebo indiquent une réelle efficacité sur les symptômes du TDA/H, sans pour autant être un complément alimentaire "miracle".

Le programme COGMED agit aussi de façon positive sur le système dopaminergique.